Valeur économique du bénévolat
De plus en plus, on demande aux organismes bénévoles de rendre compte de la valeur monétaire de la contribution de leurs bénévoles. Pour que le secteur bénévole soit en mesure de répondre à cette demande croissante et d’évaluer du point de vue pécunier la participation des personnes qui s’engagent à titre bénévole, il faut d’abord se poser quelques questions importantes.
Le bénévolat doit-il être figurer comme une ressource à valeur ajoutée sur le bilan des organismes bénévoles? L’interprétation économique de la valeur du bénévolat se traduira-t-elle par l’offre accrue de programmes et de services aux organismes de la part des gouvernements? De tels changements obligeront-ils les organismes à engager des bénévoles pour effectuer le travail effectué antérieurement par des employés rémunérés?
Bien qu’il soit possible de concevoir une stratégie permettant de calculer la valeur monétaire d’un bénévole pour un organisme donné, il est essentiel que les bailleurs de fonds et le public prennent en compte la valeur qualitative du bénévole. Les efforts bénévoles, de par leur nature même, ne peuvent se mesurer exclusivement du point de vue monétaire. Agir de la sorte impliquerait une échelle de valeur permettant de comparer le travail rémunéré à l’effort et à la contribution offerts de plein gré, sans attente de compensation financière.
En outre, l’évaluation de la contribution bénévole ne peut pas ne pas tenir compte des réalisations réelles des bénévoles. Comment calculer la valeur monétaire d’une mère au foyer qui ne touche techniquement aucun revenu mais qui consacre du temps au profit de la banque d’alimentation locale? Comment comparer une telle contribution à celle du pompier bénévole qui consacre moins d’heures de bénévolat mais qui est responsable de sauver des vies? Comme l’a souligné Mme Martha Parker dans son discours-programme prononcé lors de la séance de clôture de l’événement Passer le flambeau d’octobre 2005, « juger du travail des bénévoles selon les normes applicables au travail rémunéré, c.-à-d., en fonction de normes monétaires, fondamentalement contraires à l’esprit du bénévolat, équivaut à reconnaître clairement l’infériorité du travail bénévole par rapport au travail rémunéré ».
Nous devons commencer à acquérir une meilleure compréhension de la contribution et des réalisations réelles des bénévoles. Les donateurs, le public et les bénévoles veulent connaître la valeur de leur contribution et comment leurs efforts sont mesurés et évalués. Cependant, le faire uniquement du point de vue monétaire constitue un risque énorme quant à la signification même du bénévolat. Outre le fait qu’ils ne connaissent pas la valeur qualitative du bénévolat, les organismes n’ont pas la capacité de s’acquitter d’un fardeau supplémentaire qui consisterait à en évaluer et à en calculer la valeur monétaire. Le fait pour les bailleurs de fonds d’insister sur cette obligation de rendre compte additionnelle risque d’éloigner les organismes de leur mission première. Le personnel et les bénévoles sont détournés du travail qui leur tient à cœur pour s’acquitter de cette nouvelle exigence.
